Mais jugez de mon epouvante quand j'ai vu, comme je vous vois, monseigneur, cet abominable savant mutiler les fronts de mes anciens collegues, leur ouvrir le crane et en retirer ces cervelles qu'il destine sans doute a quelque oeuvre diabolique.
Lorenzo regarda tour a tour Colbertini et les bocaux et se sentit fort trouble. Il y avait, dans ce mystere, un melange de grotesque et d'horrible qui repugnait a la raison, mais qui n'etait pas incompatible avec les extravagances du docteur.
-Ou sont les cadavres, demanda le prince?
-Vous doutez encore, reprit l'ancien ministre qui conduisit Lorenzo vers le lit de repos sur lequel les membres du conseil etaient couches.
-Regardez cette ligne sanglante autour du crane, dit Colbertini; voila la trace du meurtre.
Lorenzo se sentit pris de vertige; il eut pourtant l'effroyable courage de toucher a un de ces cranes vides et de l'entrouvrir.
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