-Je n'aimerai jamais personne, lui disais-je; laissez-moi aimer quelque chose.
Mon pere etait ravi de m'avoir pour complice. Il etait joueur effrene.
Combien de nuits n'ai-je point passees a regarder les cartes tomber une a une sur le tapis! Mes mains aimaient a remuer les jetons. Peu a peu, je remplis des vides, je devins utile quand un partenaire manquait, et le capitaine, qui mettait une petite bourse a ma disposition, fit de moi un sujet distingue.
Toutes les parties n'avaient pas lieu a la maison.
Le capitaine passait quelquefois des nuits dehors. Ces nuits-la je ne dormais pas et j'avais d'effroyables insomnies, dont je me consolais en entendant, le matin, le recit des prouesses ou des malheurs de la veillee. Je conjurais mon pere de m'emmener avec lui.
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